NissimGuetta — 10 Sivan 5766 — 06/06/2006 (11:04)

No 150
9 Sivan 5766
5 Juin 2006
A notre Rav YOSSEF COHEN

Le quartier de Saint-Just, à Marseille, a perdu son Rav et son animateur.
Il est difficile de résumer toutes les actions qu’il a entreprises.
En 1965, l’école Yavné a ouvert ses portes au 51 Bd Barry. La synagogue a trouvé tout naturellement sa place dans ces mêmes locaux. Déjà, Le rabbin Cohen en fut le cœur même.
Les années ont passé et les dons affluaient jusqu’au moment où tout le secteur éducatif trouva des locaux plus grands et plus confortables, à l’avenue Corot. Il était bien évident qu’il fallut beaucoup d’interventions au niveau de personnalités influentes. Le rabin Cohen a été une référence pour eux.
La Synagogue Yavné a occupé tous les locaux de cette villa sur 2 plans. Au rez-de-chaussée se tenaient tous les offices et cette salle devenait de plus en plus exiguë pour accueillir tous les fidèles.
Le rabin Cohen n’a jamais fui un problème, il a toujours trouvé la réponse qui arrangeait les partis en cause. Il apportait la chaleur humaine dans bien des cas où celle-ci faisait défaut. Sa gentillesse et son sourire ne repoussaient personne et il donnait envie de poursuivre toute discussion. Combien de fois m’a-t-il dit au bout de 10 minutes qu’il avait un rendez-vous important ? Je ne m’apercevais pas que je dérangeais son emploi du temps. L’envie de parler nous venait facilement lorsqu’on le rencontrait. Il était une source de renseignements inépuisables.
Ses prières étaient une mélodie qui transperçait et effaçait nos soucis.
Il savait trouver les midrachims appropriés pour chaque cas, en insistant sur l’importance du mot dont il donnait l’étymologie.
Il s’apercevait de l’absence d’un tel ou d’un tel à la synagogue et discrètement, il se renseignait sur l’état de l’absent. Il savait qui s’asseyait à tel ou tel endroit.
Il n’avait aucune arrière pensée et il cherchait toujours une excuse pour défendre celui qui se comportait mal envers lui, si tant est qu’ il y en ait eu. Chose difficile à croire quand il s’agit du Rabin Cohen.
Des centaines d’enfants ont reçu son enseignement et ils le citent encore aujourd’hui. Ces enfants sont adultes et disent encore : ‘’ mon judaïsme et mon retour en Eretz Israël, c’est à lui que je le dois’’ .
Les discussions sur Israël n’ont pas manqué. Il savait écouter tous les propos et il en retirait la substantifique moëlle. Son enseignement, son sourire, sa patience, sa douceur ne l’ont jamais abandonné. Tous ses élèves voulaient que ce soit le rabin Cohen qui les marie. Il préparait toujours un discours approprié. Il n’a jamais refusé ses bénédictions. Même malade, il a fait montre de respect envers son visiteur en essayant de cacher sa détresse physique.
Monsieur le Rabin Yossef Cohen, nous avons eu le grand honneur et le privilège de profiter de vous pendant 40 ans. Merci à vous et à votre épouse, qui a toujours été à vos côtés, à tout moment et dans toutes les occasions.
Nous savons que, de l’endroit où vous êtes, vous continuez à veiller sur nous. Merci.
Dr Nissim Guetta